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L’ivoire du XVIIIème siècle remonte à la surface.

publié le , mis à jour le

Au début du XVIIIème siècle, un navire de commerce hollandais en provenance d’Afrique sombre au large des côtes de Saint-Quay-Portrieux (Bretagne) avec plus d’une tonne d’ivoire d’éléphant à son bord. En 1987, deux plongeurs découvrent l’épave sur le site dit "des Poulins" entraînant une série de fouilles archéologiques permettant de remonter des dizaines de défenses à la surface en 1991 et 1993. Après près de trois siècles au fond des mers, que reste-t’il de la structure originale de l’ivoire ? À quelle échelle dimensionnelle ce matériau complexe, éminemment hiérarchique, composite et nanostructuré, les processus diagénétiques (i.e. de modification physico-chimiques durant la période "d’enfouissement") ont-ils eu lieu ?

Afin de répondre à ces questions, nous avons développé une approche de caractérisation multi-échelle* sur trois défenses présentant des états d’altération très différents. Une combinaison originale de micro- et nano-analyses chimiques (μPIXE/PIGE/RBS/EBS), de microscopie électronique à balayage et de diffusion et diffraction de rayons X par micro-faisceaux synchrotron permet désormais d’y voir plus clair : le collagène, qui constitue près de 50 % en volume de l’ivoire, est globalement bien conservé pour ces défenses. En revanche, de fortes modifications de la phase minérale (les 50 % restants) sont constatées avec une variabilité importante selon que les défenses aient été enfouies dans le sable ou non. Contrairement aux apparences, les défenses enfouies, qui présentent un meilleur état de surface, sont celles pour lesquelles la composition chimique, la structure cristalline et l’organisation des nano-cristaux minéraux sont les plus affectés.

Au delà de l’originalité de cette nouvelle approche analytique et des conséquences pratiques pour l’archéologie sous-marine, notre étude permet de mieux comprendre les processus d’altération de l’ivoire en milieu marin dans durées archéologiques courtes. La concomitance, notamment, entre la dégradation du collagène et les fortes modifications de la phase minérale permet d’affiner les modèles de fossilisation servant pour l’analyse d’ivoire beaucoup plus ancienne.

Une partie des artefacts se trouve actuellement au Musée d’Art et d’Histoire de St Brieuc

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